En 2025, le marché mondial de l’aviation d’affaires a battu tous ses records. Que nous dit réellement cette performance, et où va le secteur?
En 2025, l’aviation d’affaires a enregistré son année la plus active de toute son histoire. Selon WingX, acteur en intelligence de marché pour le secteur, les jets d’affaires ont cumulé 3,9 millions de départs à l’échelle mondiale, soit une hausse de 5% sur un an, un chiffre publié en janvier dernier.
Ce bilan 2025 reflète surtout une tendance de fond: le marché n’est plus en phase de rattrapage post-pandémique. Il est désormais en évolution structurelle.
Deux évolutions continues
L’année passée a vu se confirmer deux évolutions profondes du marché. D’une part, les opérateurs migrent vers des appareils de plus grand gabarit. Les «jets super mid-size» – Embraer Praetor, Bombardier Challenger 3500, Citation Longitude – gagnent des parts de marché significatives. Quant au segment «ultra long-range», celui-ci se densifie avec le Gulfstream G700, G800, Global 8000 et Falcon 10X. D’autre part, la transition environnementale s’accélère, que ce soit avec les techniques de réduction de friction ou la production de carburant d’aviation durable (SAF) .
Des points de vigilance pour les professionnels européens
Pourtant, le tableau n’est pas sans inquiétude pour le secteur de l’aviation d’affaires. L’incertitude tarifaire liée aux tensions commerciales avec les États-Unis a fait échouer plusieurs transactions en 2025. La pénurie de pilotes et de techniciens qualifiés reste également une contrainte structurelle. Et la pression sur les infrastructures – hangars, aires de trafic, contrôle aérien – s’intensifie avec l’afflux de nouveaux utilisateurs.
L’Europe, en particulier, reste à la traîne. Selon une étude d’Aeroaffaires s’appuyant sur les données WingX et Eurocontrol, le trafic d’affaires européen n’a progressé que de 1% en 2025, loin des 5% enregistrés à l’échelle mondiale. La stagnation économique régionale, combinée à une pression fiscale jugée punitive par les acteurs du secteur, pèse lourdement sur la demande.