Fin janvier, la section France de l’European Business Aviation Association (EBAA) s’est retrouvée pour sa réunion de rentrée. L’occasion pour son président Charles Aguettant de dresser un bilan de l’année écoulée et des défis à venir, notamment du côté de la taxation et du maintien des emplois.
Depuis le mois de mars 2025, la Taxe de Solidarité sur les Billets d’Avion (TBSA) a augmenté de manière brutale pour l’aviation d’affaires. En effet, depuis le printemps 2025, la TBSA coûte entre 210 et 420 euros pour les vols de moins de 2000 km et jusqu’à 2100 euros pour les vols plus longs. Ce ciblage de l’activité de l’aviation d’affaires inquiète Charles Aguettant, président d’EBAA France qui souhaite que son secteur ne fasse pas «l’objet d’un ciblage spécifique et disproportionné dans les décisions budgétaires à venir».
En étant appliquée uniquement aux opérateurs français, cette nouvelle entrave à l’activité aérienne a logiquement des conséquences immédiates pour les professionnels tricolores, avec une baisse d’activité de plus 20% dès le troisième trimestre de l’année. Alors que les mouvements apparaissent stables, cette nouvelle mesure discriminatoire envers l’aviation d’affaires ne change rien aux nuisances sur le sol français, en déportant simplement des emplois à haute valeur ajoutée de France vers d’autres nations.
Pour EBAA France, le message principal pour 2026 reste de favoriser une «harmonisation de la taxation du secteur» et de garantir, «une véritable équité fiscale entre les entreprises françaises et étrangères». En complément, le président Charles Aguettant a rappelé que l’aviation d’affaires «est déjà pleinement engagée dans sa transition environnementale». Le président d’EBAA France constate en effet que tous les acteurs du secteur investissent déjà «activement pour réduire leur empreinte carbone, notamment à travers l’incorporation croissante des carburants d’aviation durables, mais aussi par l’optimisation des opérations, le renouvellement des flottes avec des avions moins bruyants, des consommations plus faibles et l’innovation technologique».
En ce sens, par souci de cohérence politique comme de discipline budgétaire, les professionnels français souhaitent ancrer dans la loi «une affectation claire des recettes fiscales aux projets de décarbonation du transport aérien».