Une étude de l’institut zurichois INFRAS, publiée le 3 septembre 2026, mesure les effets directs, indirects et induits de la plateforme aéroportuaire. Pour la première fois, la contribution de l’aviation générale et d’affaires y est chiffrée séparément.

Genève Aéroport a rendu publique le 3 septembre une étude d’impact économique réalisée par l’institut indépendant INFRAS, à Zurich. Fondée sur les données 2024, elle actualise des travaux menés en 2017 et mesure les retombées de la plateforme sur le canton de Genève, le reste de la Suisse et la France voisine. Le total s’établit à quelque 3,3 milliards de francs de valeur ajoutée et 21’930 emplois en équivalents plein temps (EPT).

Trois niveaux d’effets

Le chiffre agrège trois mécanismes distincts. Les effets directs — la valeur créée par les quelque 268 entreprises implantées sur le site — représentent environ 1,66 milliard de francs et 11’500 postes, soit 9’800 EPT. À eux seuls, ils équivalent à 2,6 % du produit intérieur brut du canton de Genève. Les effets indirects, liés aux achats de biens et de services intermédiaires auprès des fournisseurs régionaux, ajoutent 360 millions et 1’910 EPT. Les effets induits, générés par les dépenses de revenu des personnes employées sur la plateforme, pèsent 1,28 milliard et 10’250 EPT.

Un bassin de vie transfrontalier

La répartition géographique confirme l’ancrage régional de Genève-Cointrin. Près de 2 milliards de francs de valeur ajoutée bénéficient au canton, plus de 550 millions à la région française voisine et environ 770 millions au reste de la Suisse. L’étude mesure par ailleurs l’effet du tourisme entrant : les 2,9 millions de touristes arrivés par l’aéroport en 2024 ont généré quelque 1,7 milliard de francs de valeur ajoutée et soutenu plus de 16’800 EPT — un montant qui s’ajoute aux 3,3 milliards.

L’aviation d’affaires chiffrée séparément

C’est la première fois qu’INFRAS isole la contribution de l’aviation générale et d’affaires. Tous effets confondus, elle représente 330 millions de francs de valeur ajoutée, contre 350 millions pour les activités de fret aérien. La définition retenue englobe l’ensemble des vols privés et commerciaux à l’exception du trafic de ligne et du trafic charter : voyages d’affaires, vols de transport, aviation de loisir. Pour un segment régulièrement contesté dans le débat public genevois, l’ordre de grandeur constitue un repère chiffré nouveau, adossé à une méthodologie externe.

Connectivité et conditions-cadres

En 2025, la plateforme a accueilli 17,8 millions de passagers, desservi directement 147 destinations — dont plus de trente hors d’Europe — et traité 96’000 tonnes de fret. Une connectivité que la direction relie explicitement aux besoins d’une économie internationalisée, à la venue de talents et au rayonnement de la Genève internationale.

« Cette étude montre que Genève Aéroport est bien davantage qu’une infrastructure de transport. Il constitue un actif stratégique pour Genève et sa région, un moteur d’activité et d’emplois, mais aussi une porte d’entrée essentielle pour une région profondément ouverte sur le monde. Notre responsabilité est de préserver cette connectivité, tout en poursuivant résolument la réduction de notre impact environnemental de la plateforme », souligne Jean-François de Saussure, directeur général de Genève Aéroport.