Pour la première fois, une Gulfstream G800 a volé avec du carburant d’aviation durable (SAF) pur, non mélangé. Menée jusqu’à 50 000 pieds (environ 15 000 mètres), cette campagne d’essais en vol conduite par Gulfstream Aerospace avec Rolls-Royce et plusieurs institutions de recherche constitue une première pour l’aviation d’affaires, confirmant son rôle de pionnière des innovations durables.
En plus des réductions connues sur l’impact en CO2 des vols, les résultats préliminaires indiquent une réduction significative et mesurable des émissions de particules qui contribuent à la formation des traînées de condensation. Annoncée le 8 juillet 2026 par Rolls-Royce et relayée par le média suisse SkyNews.ch, la campagne repose sur un dispositif original: une G800, propulsée par deux moteurs Pearl 700 de Rolls-Royce, a volé pour la première fois avec 100 % de SAF, accompagnée en formation rapprochée par une G700 spécialement modifiée en véritable laboratoire volant de mesure des émissions.
Ce vol en tandem a permis aux chercheurs de mesurer avec précision, en conditions réelles, les particules fines et les caractéristiques atmosphériques propices à la formation des traînées de condensation.
Pilotée par Gulfstream Aerospace, la campagne a été menée en étroite collaboration avec l’autorité américaine de l’aviation civile (FAA), la NASA, le Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR), la Missouri University of Science and Technology, Rolls-Royce, Aerodyne Research, Montana Renewables et World Fuel Services. Son objectif: isoler l’influence de la composition des carburants sur les émissions non-CO2, un champ de recherche qui mobilise de plus en plus la science et l’industrie.
Des résultats préliminaires encourageants
Les équipes ont comparé trois carburants: du Jet-A conventionnel, du Jet-A à faible teneur en soufre et du SAF pur de type HEFA (esters et acides gras hydrotraités), qui ne contient ni soufre ni composés aromatiques. Selon les résultats préliminaires, le vol au SAF pur entraîne une réduction significative et mesurable des émissions de particules qui contribuent à la formation des traînées de condensation, dont l’effet climatique hors-CO2 fait l’objet d’une attention croissante.
Alan Newby, directeur de la recherche et de la technologie de Rolls-Royce, résume: «Sustainable Aviation Fuels in combination with compatible, ultra-efficient aero engines will not only play a vital role in decarbonising aviation but have also been shown to reduce certain non-CO2 emissions.» («Les carburants d’aviation durables, combinés à des moteurs compatibles et ultra-efficients, joueront non seulement un rôle essentiel dans la décarbonation de l’aviation, mais ils ont aussi démontré leur capacité à réduire certaines émissions en dehors du CO2.»)
Vers la certification du carburant durable à 100%
Aujourd’hui, le SAF n’est certifié que sous forme de mélanges comportant au maximum 50% de carburant durable. Les essais ont confirmé que l’ensemble des moteurs Rolls-Royce en production, y compris ceux destinés à l’aviation d’affaires, peuvent fonctionner avec 100% de SAF, posant ainsi les bases d’une future certification du carburant pur.
Les données recueillies seront partagées avec les communautés scientifiques travaillant dans les domaines de l’aéronautique et de l’atmosphère afin d’affiner les modèles d’analyse, de préparer les futures normes de carburants et de développer des stratégies opérationnelles réduisant l’empreinte environnementale du transport aérien.
Rappelons que le SAF permet de réduire les émissions nettes de CO2 d’environ 80% sur l’ensemble de son cycle de vie par rapport au kérosène conventionnel. En testant le carburant pur dans ses appareils emblématiques, l’aviation d’affaires confirme son rôle de pionnière et de laboratoire de la décarbonation du transport aérien, au bénéfice de l’ensemble du secteur.