L’enquête «Aviation suisse» conduite par l’institut Sotomo en janvier-février 2026 et publiée en avril 2026 par Aviationsuisse livre un message parfaitement clair sur les taxes climatiques appliquées à l’aviation: la population suisse les juge largement inefficaces, et préférerait orienter les efforts ailleurs. 

Pour l’aviation d’affaires, qui combat depuis des années les approches purement fiscales, ces résultats viennent confirmer une intuition souvent défendue auprès des autorités: taxer ne réduit pas les émissions, cela les déplace.

Le chiffre central est sans ambiguïté. 71% des personnes interrogées considèrent que les taxes sur le CO2 pour les voyages en avion ne sont pas efficaces pour compenser les dommages climatiques – dont 34% estiment qu’elles ne le sont «pas du tout».

Seuls 22% défendent l’idée inverse. Pour le rapport, cette défiance révèle que de nombreux répondants perçoivent les taxes sur le CO2 «plutôt comme une mesure symbolique» et ne leur attribuent qu’un potentiel limité pour une protection efficace du climat.

Ce résultat confirme la représentativité du double rejet, en juin 2025 par le parlement fédéral, des deux motions visant à taxer ou réduire l’activité de l’aviation d’affaires, notamment la motion 23.2803 «Jets privés, ça suffit», qui voulait introduire une taxe sur les jets privés, et qui avait été refusée par 65% des élus.

L’AGAA s’était félicitée, à l’époque, de la cohérence de la vision politique du Conseil fédéral comme de la bonne compréhension par les parlementaires des enjeux. L’enquête Sotomo confirme désormais que cette position parlementaire est en phase avec l’opinion publique.

Pour identifier les mesures et les approches que les répondants veulent soutenir, l’étude documente une préférence très nette pour la coordination internationale. En effet, l’étude montre que 69% des Suisses estiment que les règles climatiques applicables à l’aviation doivent être fixées exclusivement au niveau international ou multinational, contre 27% seulement qui défendent des règles nationales supplémentaires, même au prix de désavantages concurrentiels. 72% considèrent que la responsabilité principale en matière de protection climatique incombe à la politique internationale. Comme le résume le rapport, la protection du climat dans l’aviation doit être coordonnée principalement au niveau international, et non par des initiatives nationales isolées.

Pour l’aviation d’affaires, la vision des répondants est cohérente et l’étude confirme une nouvelle fois de manière scientifique ce que les professionnels du secteur vivent au quotidien. 

Outil de travail au service de la compétitivité, des organisations internationales, des diplomates et des rapatriements sanitaires, l’aviation d’affaires est une condition cadre essentielle, qui apporte des bénéfices immenses à la région lémanique.

Pour cette raison, les acteurs regroupés dans l’AGAA ne voient pas de solutions dans des taxes locales qui ne feraient que limiter leur compétitivité sans faire baisser le nombre total de vols, donc sans impact sur les nuisances du trafic.

A l’inverse, l’AGAA soutient la volonté du secteur de poursuivre son rôle de pionnier des innovations technologiques et participer aux mesures globales qui pourraient être mises en place de manière coordonnée. De manière heureuse et positive, l’étude 2026 d’Aviationsuisse confirme aussi que c’est exactement le modèle que la population suisse appelle de ses vœux.

Sources: étude «Aviation suisse», Sotomo pour Aviationsuisse, avril 2026. Motions parlementaires: 23.2803 et 23.3634